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mardi 13 septembre 2016

Quand George Weaver chroniquait des Série Noire pour L'Année de la fiction (2)



Dans la banlieue d'Istanbul, un homme vient livrer une bombe à retardement à trois terroristes islamistes, Mahmoud, Çetif et Jalal.
Il leur ordonne de la déposer cette nuit-là dans un site touristique pour la faire exploser le lendemain à l'heure d'affluence.
Sur la route de leur objectif, les trois hommes sont arrêtés par un barrage policier, auquel ils échappent en extrayant d'un car arrivant de l'aéroport trois otages : deux touristes français, M. Masson et Juliette Beaugrand, et le guide, John.
Juliette voyage avec son amie Madeleine, prétexte à un séjour à l'insu de son mari en compagnie de son amant, Alex Marchand, ex-flic suspendu pour bavure involontaire six mois auparavant. Au barrage suivant, la police tire sur la voiture des fuyards, tuant M. Masson et blessant grièvement le chef, Mahmoud, et Jalal, qui a amorcé la bombe.
Abandonnant ce dernier, Çetif et Mahmoud volent une camionnette Peugeot à un vieillard et entraînent Juliette et John dans une grotte-citerne souterraine située sous la mosquée d'un bidonville. Çetif abat John qui tentait s'échapper, ce qui provoque un éboulement obstruant la seule issue. Ce n'est qu'alors que les trois emmurés s'aperçoivent que le compte à rebours de la bombe, qu'ils ont emportée, se poursuit, et qu'il n'y a nul moyen de l'arrêter : elle explosera dans quinze heures.
Les deux terroristes se disputent et Çetif est tué (Mahmoud lui-même n'en a plus pour longtemps, à cause de sa blessure). Pendant ce temps, à Istanbul, Alex rencontre le consul français et le colonel Aziz, des services secrets, qui le met en présence de Jalal. Agonisant, celui-ci révèle seulement l'imminente explosion de la bombe.
Aziz demande à Alex de négocier avec les terroristes une rançon par l'intermédiaire d'un indic, Nazim. Alex, à qui un précieux gamin (collé à ses basques), MustaFa, sert de guide-interprète, rencontre Nazim au Bazar. Celui-ci s'engage à lui fournir une preuve que Juliette est encore en vie et lui dit d'attendre son appel à l'hôtel. Méfiant, Alex se procure un P38 grâce à MustaFa, qui lui fait remarquer qu'ils sont suivis par un flic d'Aziz.

Dans la grotte, Mahmoud agonise, Juliette a pris le contrôle de la situation, mais l'eau de la citerne monte inexorablement.
À l'hôtel, Madeleine présente à Alex le mari de Juliette, Yves, qu'elle a prévenu et qui l'accompagne au nouveau rendez-vous fixé par Nazim, sur les quais. Là, un Anatolien lui montre en gage de garantie une photo de Juliette, mais Alex sent qu'il ment. MustaFa surgit alors qu'il hésite et lui apprend le vol de la camionnette Peugeot vers le bidonville, à l'opposé de là où voulait l'expédier l'Anatolien, qu'Alex, en partant vers ce nouvel objectif avec Yves et MustaFa, aperçoit discutant avec le flic qui les suivait et comprend qu'il a été joué par Aziz.
Pendant ce temps, celui-ci convainc le maire de faire raser les bidonvilles, foyers désignés du terrorisme : une bombe vient d'exploser à la basilique Sainte-Sophie, que visitait Madeleine, par chance indemne.

Lorsque Alex arrive, les soldats encerclent le bidonville pour protéger l'action des bulldozers., les habitants se massent autour de la mosquée.
La démolition d'une première maison provoque un glissement de terrain qui fait refluer l'eau de la citerne au moment où Juliette allait mourir noyée, mais l'explosion de la bombe est imminente.
La jeune femme se réfugie dans les galeries inférieures. Grâce à un enfant, Can, qui a découvert la montre de Juliette dans la Peugeot, Alex comprend qu'elle est coincée dans la citerne. Lui et Yves tentent en vain de frayer un passage à travers l'éboulis. Juliette leur crie de fuir, et la bombe explose, tuant de nombreux habitants.
Alex — qui s'est fait broyer le bras en protégeant Can, qui a les jambes brisées — est sauvé par MustaFa, qui a récupéré le P38. Il aperçoit Yves qui emmène Juliette hagarde, puis Aziz en haut de la colline, en compagnie du livreur de bombe : tous deux voulaient profiter de l'attentat prévu pour déclencherance cu un putsch et réprimer les menées islamistes. Aziz refusant conduire Can à l'hôpital, MustaFa s'apprête à le descendre.

*****

Un suspense inexorable parfaitement orchestré, les chapitres — qui sont autant de moments du compte à rebours — alternant l'action à l'intérieur de la grotte et la quête frénétique d'Alex, et pourtant ce n'est pas à cela que tient l'intérêt essentiel de ce récit subtil et désabusé, mais bien plutôt à sa complète absence de manichéisme, aussi bien dans la description si délicate de l'écheveau de mobiles des poseurs de bombes que dans l'exposé des rapports unissant Juliette à Yves et à Alex.
Ce point de vue décuple la puissance de vraisemblance du récit.
Il n'y a guère de salauds ici, en tout cas ce ne sont pas ceux qu'on croit, et Gernigon parvient même — comme Quadruppani dans Y — à nous faire ressentir à quel point une bavure policière peut traumatiser son auteur.
La fin délibérément ouverte vient renforcer encore cet ébranlement de tous nos préjugés, cette démolition des stéréotypes qu'accomplit ce roman qui baigne dans un pessimisme intégral.
Peu importe finalement que l'histoire entre Alex et Juliette se poursuive ou trouve ici sa fin, tellement la souffrance de la séparation est infîme par rapport à celle dont l'empire s'étend partout, qui profite toujours aux mêmes, et que toute tentative de suppression ne fait qu'étendre encore.

Les bons polars sont rarement joyeux.

Christian Gernigon, La nuit du destinSérie Noire n°2505,  Gallimard, 1998, 283 p.

7 urbanités attiques:

Le Tenancier a dit…

Décidément, George, vous gambadez dans divers exotismes, dans vos lectures.

George WF Weaver a dit…

Pas ma faute : lectures sous contrainte, pour rédiger ces chroniques.
Le prochain coup, on partira aux États-Unis en pleine guerre de Sécession, et ensuite en Écosse.

Le Tenancier a dit…

Où avez-vous donc puisé le courage de rédiger le résumé de ces romans ? Je suis curieux de celui sur la guerre de Sécession. Pour l'Écosse, me vient — peut-être à tort — le nom de Ken Bruen...

Jules a dit…

Ou Brookmyre peut-être...

George WF Weaver a dit…

Tsss, tsss, Jules : tu triches encore pire que moi durant les énigmes de l'émission !

Jules a dit…

Pas forcément, dear, nous avons certes fait allusion Brookmyre dernièrement mais ces chroniques m'ont l'air assez anciennes. Ça aurait pu être antérieur.
Quant à la guerre de Sécession, elle m'évoque d'abord Daniel Woodrell...

George WF Weaver a dit…

On voudrait l' spécifier : "Antérieur nuit", comme on dit dans les milieux du cinoche, mais là, non : tout ce boulot remonte à des publications françaises en SN de la fin des années 90.

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