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jeudi 3 juin 2010

Vivre rondement


Pour ne vous point mentir, il n'y avoit aucun scrupule en elle, ny aucune superstition ; elle vivait si rondement que (si ce que l'on dit de l'autre monde est vray) les autres ames joüent maintenant à la boule de la sienne. Elle ne sçavoit non plus ce que c'est des cas de conscience qu'un Topinambou, parce qu'elle disoit que si l'on luy en avoit appris autresfois quelque peu, elle l'avoit oublié, comme une chose qui ne sert qu'à troubler le repos. Souvent elle m'avoit dit que les biens de la terre sont si communs qu'ils ne doivent estre non plus à une personne qu'à l'autre, et que c'est très sagement faict de les ravir subitement quand l'on peut des mains d'autruy ; car disoit elle : Je suis venuë toute nuë en ce monde : et nuë je m'en retourneray : Les biens que j'ay pris d'autruy je ne les emporteray point, que l'on les aille chercher ils sont, et que l'on les prenne, je n'en ay plus que faire ? quoy, si j'estois punie après ma mort pour avoir commis ce que l'on appelle larrecin, n'aurois je pas raison de dire à quiconque m'en parleroit que ce auroit esté une injustice de m'avoir mise au monde pour y vivre, sans me permettre de prendre les choses dont l'on y vit ?

Charles Sorel, Histoire comique de Francion [1623], Livre II, GF Flammarion n°321 (1979, texte établi par Yves Giraud), pp. 117-118

4 urbanités attiques:

l'Anonyme historique de ce blogue a dit…

L'orthographe & surtout la ponctuation originales, c'est juste pour me faire plaisir (en ce cas, merci)? ou bien serait-ce qu'au fil de votre lecture de Francion vous avez fini par vous y habituer, & peut-être par y prendre goût…?

George WF Weaver a dit…

Mais non, j'ai simplement retranscrit le texte donné par Yves Giraud, quasiment à l'identique.
Quasiment, parce que ce passage comporte deux coquilles (ce qui ne laisse pas de m'inquiéter quant au reste…) : elle disoit qui si l'on luy en avoit appris…, & juste après : elle m'avoit dit que les biens de la terrre…
Vous m'avez d'ailleurs mal compris : je n'éprouve pour ma part aucune difficulté avec cette graphie, mais c'est là un point de vue de lecteur, non d'éditeur…
J'en profite en tout cas pour vous remercier de m'avoir incité à lire ce magnifique roman.
& je suis ravi de pouvoir vous complaire.

l'Anonyme historique de ce blogue a dit…

Je n'ai certes jamais pensé que la graphie originale pouvait vous créer quelque difficulté de lecture que ce soit: simplement qu'elle vous était indifférente; & je pensais que vous aviez peut-être changé d'avis, tout au moins pour la ponctuation, en vous accoutumant au rythme particulier qu'elle donne au texte -- un rythme parfois assez différent de celui que produit la ponctuation logico-syntaxique moderne. C'est assez sensible dans ce passage, je trouve. (Le respect de l'orthographe ancienne me paraît en revanche d'un intérêt plus limité.)

Ainsi donc, le Professeur Giraud aurait mal fait son travail? Qu'il crève, aurait dit un autre Professeur!

(Ah, j'apprends que c'est déjà fait, ici. Vous non plus, vous n'étiez pas à la messe de funérailles en la cathédrale de Grasse, le 9 mai 2008?)

George WF Weaver a dit…

Hé bien, vous ne laissez passer aucune incertitude ! On peut remercier Choron de continuer d'œuvrer ainsi à titre posthume !
Nous sommes d'accord, pour l'orthographe, mais pour ma part je ne vois pas l'intérêt, par exemple, de maintenir le point d'interrogation à la fin de la phrase "je n'en ay plus que faire ?" Je vous l'ai dit ailleurs, cela entrave à mon sens trop la lecture. Et je vous assure que le texte que vous savez est beaucoup plus déconcertant, en matière de ponctuation, que cette édition de Francion.

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