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lundi 28 septembre 2009

Face-à-face

Depuis le mois de juillet, à Paris, quand on remonte la rue des Couronnes à la hauteur de la rue Julien Lacroix (un peu au-dessus du tronçon restant de cette rue Vilin où Perec a passé son enfance), on tombe sur cette inscription :


Et voici quelques jours, en face, sur le rideau de fer d'une galerie bobo s'étalant depuis peu entre les murs d'un vieux bistrot, une autre main a tracé d'autres mots :

Comme un face-à-face du Comité invisible et des Communisateurs

Deux jours plus tard…
Gaspe ! après vérification diurne, il s'avère que c'est en fait l'artisteux exposé dans la galerie susdite, qui a ainsi enluminé ce rideau de fer…
Il y a dans ces textes quelques absences, assez peu visibles, mais tout de même remarquables : le point de fuite de la perspective y est toujours anormalement absent. Ils ressemblent au fac simile d’une arme célèbre, où manque seulement le percuteur. C’est nécessairement une critique latérale, qui voit plusieurs choses avec beaucoup de franchise et de justesse, mais en se plaçant de côté. Ceci non parce qu’elle affecterait une quelconque impartialité, car il lui faut au contraire avoir l’air de blâmer beaucoup, mais sans jamais sembler ressentir le besoin de laisser paraître quelle est sa cause ; donc de dire, même implicitement, d’où elle vient et vers quoi elle voudrait aller. […]

Depuis que l’art est mort, on sait qu’il est devenu extrêmement facile de déguiser des policiers en artistes. Quand les dernières imitations d’un néo-dadaïsme retourné sont autorisées à pontifier glorieusement dans le médiatique, et donc aussi bien à modifier un peu le décor des palais officiels, comme les fous des rois de la pacotille, on voit que d’un même mouvement une couverture culturelle se trouve garantie à tous les agents ou supplétifs des réseaux d’influence de l’État. […] Arthur Cravan voyait sans doute venir ce monde quand il écrivait dans Maintenant : « Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes, et on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme. »

5 urbanités attiques:

vincent a dit…

C'est ce qu'on appelle l'Art in-Situ,le bien-nommé.Pourtant c'était écrit dessus :
"la suite à l'intérieur" (de la tôle!)

George WF Weaver a dit…

Exact, mais dans ma candeur, et à cause de la forme, j'avais pris cette réclame pour une critique. Confusionnisme achevé.

Vincent a dit…

Confusionnisme,je pense à Confucius,et puis au Bouddha,et cela me rappelle un téléfilm vu il y a longtemps,j'essaie d'être bref:
Un Allemand (à l'âme tourmentée) est chargé par des moines de retrouver une statue volée,fétiche de leur monastère tibétain: un Bouddha noir,exemplaire unique,inestimable..Après moults péripéties il la retrouve,mais,hélas,se la fait voler à son tour.Alors lui-même décide de faire confectionner une nouvelle statue exactement identique à la première et de l'apporter au monastère..
Mais alors qu'il fait route,un étrange voyageur lui propose d'échanger sa fausse statue comme une autre,absolument identique et toute aussi fausse..
-"A quoi bon,puisque c'est un faux,ce n'est pas le Bouddha noir ?" demande-t-il.
- "Sans importance,je veux celle que tu as..",lui rétorque le personnage (bernanosien..)Et ils font l'échange.
Peu après il arrive au monastère et présente son Bouddha aux moines ravis.Mais,tourmenté par sa conscience,il avoue son imposture et l'origine du Bouddha.
- " Ce n'est rien" rétorque le moine qui emporte la fausse statue et va la remettre dans la niche laissée vide.Alors,sur les pas de l'Allemand,nous découvrons la salle de prières où,par dizaines,d'autres statues du Bouddha noir,toutes absolument identiques,reposent dans d'autres dizaines de niches,toutes absolument identiques..
A la fin du film,évidemment,le héros se convertit,mais je pense que votre candeur
(vos propres mots) vous met à l'abri de ce genre d'initiations.Bien à vous.

George WF Weaver a dit…

La fin de votre histoire me fait songer — le côté zen en moins, bien sûr — à celle du premier Indiana Jones, elle-même décalquée sans vergogne de celle de Citizen Kane.

Vincent a dit…

Ah oui.Welles est un vrai faussaire,mais Spielberg qui se trompe sur sa propre marchandise devrait se convertir (depuis que Madoff l'a puni !)

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