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jeudi 20 août 2009

« Révolution : solution de tous les rêves »

Après cinquante années de civilisation, d'ongles faits et de cheveux coupés, le peuple s'était réveillé. Ce n'avait pas été une révolution mais une insurrection, une révolte, quelque chose de dégoûtant et bien fait pour choquer. Il avait escaladé les digues de la raison, du bon sens, de la décence, il avait oublié le but même de ce qu'il faisait, il n'avait bientôt plus songé qu'à tuer ou à piller ou à chanter. Il avait tout oublié des instructions qu'on lui avait données et il avait tout cassé.
Le signal fut donné à midi, d'un coup de pistolet qui tua l'homme en qui tout le monde croyait. Une heure après, les tramways étaient renversés et toute la ville brûlait. Les policiers tiraient sur les maisons des beaux quartiers et les casernes s'écroulaient. Les insurgés dans les rues tourbillonnaient, les bras chargés de presse-purée, de chaussures, de tabac et de caisses de whisky écossais.
Dans un bas quartier, un petit homme courait. Vingt autres l'entouraient, il les menait à une boutique barricadée de coiffeur-barbier. Il criait :
« Foutons-y le feu, la saloperie, faut qu'ça flambe, foutons-y le feu ! »
La porte était enfoncée, les cuvettes remplies d'essence et tout flambait. Le petit homme se réchauffait et criait :
« Ça faisait trente ans, rendez-vous compte, trente ans que j'étais barbier ! »

Alain Gheerbrant, L'expédition Orénoque-Amazone
[Gallimard, 1952],
Avant-propos,
Le Livre de Poche n°339-340, 1962, p. 7


La définition qui sert de titre à ce billet est de Michel Leiris.

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