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lundi 9 mai 2016

« Voici venu le jour en trop » ?
(pis !)










198
198[4]
19[9]8



Bon, cette fois c'est vraiment l'ultime version — promis ! — et l'énième mais dernier enregistrement.

En guise de prologue
(sur l'air de « Dix anx plus tôt  » de Sardou) :


Dans la jungl' de Calais
Y'a pas Henri Calet
Le piéton de Paris
Là-bas, l'aurait pas ri
Parfois il se promène
Mais les Prolégomènes
C'est l'affaire de Kant
C'est affreux comm' chez Dante
L'Enfer compte neuf cercles
D' quoi s' fair' péter l'couvercle
C' fut écrit vers Capri
Arrêtons, je t'en prie !

C'est parti pour la chanson
(sur l'air de « Capri, c'est fini  ») :


Nous n'irons plus jamais
Chez ce petit libraire
Nous n'irons plus jamais
Le bail l'a trucidé
Nous n'irons plus jamais
Huysmans – non, les huissières ! —
Nous n'irons plus jamais
Cett' fois, l'est décédé…

Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus beaucoup alentour
Fini d'y ouïr de beaux discours ou d'calembours
On n’y savourera plus l'entregent
Plus d’ trésors, de trucs rares, de trouvailles d’un jour
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus comme avant

Nous n’irons plus jamais
Sur le boul’vard Voltaire
Nous n’irons plus jamais
Le sort en en jeté [rrr...]
Nous n’irons plus jamais
Mêm' nous, les prolétaires
Nous n' lirons plus jamais
D'Nietszch' les fragments faussaires (et les fesses !)

Ils ne liront plus jamais
Même les forts en thème
Mêm' des succès damnés
Ça pue le chrysanthème
Ils ne liront plus jamais
En nos vertes années
Y manquait plus qu' Rab'lais
Dans l'dos m'y nique jamais

Ils ne liront plus jamais
Dominique Jamet
L'était à la B. N. F.
S'était fait du bénéf'
Ils ne liront plus qu' scanné
J'en ai un peu de peine, tiens !
D'Eugène Fromentin,
Dominique ? Jamais

Entropie, c'est fini
Et dir' qu' cett' librairie en a vu des balourds
Y'avait Mickey, y'avait Minnie
Maint'nant c'est dev'nu Pearl Harbour
Kokott Dunouga y croisait Gaston Lagaffe
Mortimer et Olrik s'y sont bien pris le blair
Tintin et Milou y ont sauté au paf
Mais on en a fini avec la ligne claire

Ils ne liront plus jamais
Tom Sawyer de Mark Twain
Conte's de fées d'Bettelheim
Gombrowicz, lus ? Jamais
La fille de nulle part
Qui qu'en a quoi à carr-
Er car ces troufions
D'Amazon ont dit « Non »

Comm' disait Wittgenstein
Au pote Alain Veinstein
Dans l’fameux Tractatus
— Sur quoi faut fair’ motus — :
« Ce qu'on ne peut plus faire
Sur le boul'vard, faut l' taire »
Mais y' a plus de libraire
L'est fini, l'phalanstère

Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
L'utopie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus beaucoup alentour
Fini d'y ouïr d' drôl's de discours ou d'calembours
On n’y savourera plus l'entregent
Plus d’ trésors, de trucs rares, de trouvailles d’un jour
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus comme avant

Parfois, je voudrais bien
Ma petite Lison
Te dire « Tiens, lisons
Ce livr' d'Aimé Césaire »
Mais cet ouvrag' je l'perds
Comme les anciens liens
Faut se faire un' raison
Même les âm's mortes errent

Au cent-quatre-vingt-dix-huit
Sur ce boul'vard Voltaire
Orwell va prendr' un' cuite
plus quatr’ : V’là Big Brother !…
Winston lâche l'affaire
Pour lui, ce s’ra l’hiver
Pour nous, y’aura pas d’suite  :
Terminé, l’inventaire

La philantropie, c'est fini
Et dir' qu’ c’tte librairie vendait Oh les beaux jours !,
Et Léo-nor Fini
Et, faut l'avouer, d'Henri Troyat Faux Jour
Fini d'y ouïr d' drôl's de discours ou d'calembours
Et on n’y verra plus de livr's ni de gens
Plus d’ trésors, de trucs rares, de Prince de Hombourg
Plus d’apéros joyeux, de p’tits coups d’détergent

Nous n’irons plus jamais
Il s'est fait dézinguer
L’est aboli, l’princ' ringard
Malgré ses Jean Piaget
Terminé, fermeture
C'est fini, l'aventure
Et même les bitures
Plus rien à partager

L’anthropologie, oh ! c'est fini
Et dire que cett’ conn’rie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus du tout alentour
Fini d'y ouïr de beaux discours ou d'calembours
Ça arrach’ l' cœur, comm' dirait Boris Vian
Plus d’ photos de Proust en slip sur la plag’ de Cabourg
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus qu’ l’eau d’Evian

Nous n’irons plus jamais
Il s'est fait dégommer
Ce curieux Ech'nozien
Il n’en restera rien
Fin d’ l'équipée ! malaise…
Pourtant c’était balèze !
Mais ça intéress’ qui,
Aujourd’hui, Cherokee ?

Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'entrera plus qu'au pire alentour
Entropie, oh ! c'est fini
Et dir' que des amis y trouvaient des amours
Entropie, oh ! c'est fini
Ce n'est plus trop la pein' qu'on y accoure

2 urbanités attiques:

Paul a dit…

Sur la première photo, on voit sous son meilleur profil un buveur d'eau qui n'est autre que Shigenobu Gonzalvez – celui qui récemment n'a pas hésité à se compromettre avec le misérable Jean-Marie Apostolidès, auteur d'une fausse biographie sur Guy Debord… autant dire qu'il y avait du beau monde à cet enterrement :(

George WF Weaver a dit…

Merci, Paul, pour cet aimable commentaire.

Vous n'étiez pas au raoût, vous chantiez ?

Hé bien, dansez, maintenant !

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