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dimanche 6 mars 2016

Antre, au pis…
(Li braire, hi ! comme un âne…)



En guise de prologue
(sur l'air de « Dix ans plus tôt » de Sardou) :
Dans la jungl' de Calais
Y'a pas Henri Calet
Le piéton de Paris
Là-bas, l'aurait pas ri
Parfois il se promène
Mais les Prolégomènes
C'est l'affaire de Kant
C'est affreux comm' chez Dante
L'Enfer compte neuf cercles
D' quoi s' fair' péter l'couvercle
C' fut écrit vers Capri
Arrêtons, je t'en prie !
C'est parti pour la chanson
(sur l'air de « Capri, c'est fini »)  :
Nous n'irons plus jamais
Chez ce petit libraire
Nous n'irons plus jamais
Le bail l'a trucidé
Nous n'irons plus jamais
Huysmans – non, les huissières ! —
Nous n'irons plus jamais
Cett' fois, l'est décédé…
Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus beaucoup alentour
Fini d'y ouïr de beaux discours ou d'calembours
On n’y savourera plus l'entregent
Plus d’ trésors, de trucs rares, de trouvailles d’un jour
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus comme avant
Nous n’irons plus jamais
Sur le boul’vard Voltaire
Nous n’irons plus jamais
Le sort en en jeté [rrr...]
Nous n’irons plus jamais
Mêm' nous, les prolétaires
Nous n' lirons plus jamais
D'Nietszch' les fragments faussaires (et les fesses !)
Ils ne liront plus jamais
Même les forts en thème
Mêm' des succès damnés
Ça pue les chrysanthèmes
Ils ne liront plus jamais
En nos vertes années
Ils ne liront plus jamais
Dominique Jamet
Ils ne liront plus jamais
Dominique Jamet
L'était à la B. N. F.
S'était fait du bénéf'
Ils ne liront plus jamais
J'en ai un peu de peine, tiens !
D'Eugène Fromentin,
Dominique ? Jamais
Entropie, c'est fini
Et dir' qu' cett' librairie en a vu des balourds
Y'avait Mickey, y'avait Minnie
Maint'nant c'est dev'nu Pearl Harbour
Kokott Dunouga y croisait Gaston Lagaffe
Mortimer et Olrik s'y sont bien pris le blair
Tintin et Milou y ont sauté au paf
Mais on en a fini avec la ligne claire
Ils ne liront plus jamais
Tom Sawyer de Mark Twain
Conte's de fées d'Bettelheim
Gombrowicz, lus ? Jamais
La fille de nulle part
Qui qu'en a quoi à carr-
Er car ces troufions
D'Amazon ont dit « Non »
Comm' disait Wittgenstein
Au pote Alain Veinstein
Dans l’fameux Tractatus
— Sur quoi faut fair’ motus — :      
« Ce qu'on ne peut plus faire
Sur le boul'vard, faut l' taire »
Mais y' a plus de libraire
L'est fini, l'phalanstère
Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
L'utopie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus beaucoup alentour
Fini d'y ouïr d' drôl's de discours ou d'calembours
On n’y savourera plus l'entregent
Plus d’ trésors, de trucs rares, de trouvailles d’un jour
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus comme avant
Parfois, je voudrais bien
Ma petite Lison
Te dire « Tiens, lisons
Ce livr' d'Aimé Césaire »
Mais cet ouvrag' je l'perds
Comme les anciens liens
Faut se faire un' raison
Même les âm's mortes errent
Au cent-quatre-vingt-dix-huit
Sur ce boul'vard Voltaire
Orwell va prendr' un' cuite
+ quatr’ : V’là Big Brother !…
Winston a lâché l'affaire
Pour lui, ce s’ra l’hiver
Pour nous, y’aura pas d’suite :
Terminé, l’inventaire
La philantropie, c'est fini
Et dir' qu’ c’tte librairie vendait Oh les beaux jours !,
Et Léo-nor Fini
Et, faut l'avouer, d'Henri Troyat Faux Jour
Fini d'y ouïr d' drôl's de discours ou d'calembours
Et on n’y verra plus de livr's ni de gens
Plus d’ trésors, de trucs rares, de Prince de Hombourg
Plus d’apéros joyeux, de p’tits coups d’détergent
Nous n’irons plus jamais
Il s'est fait dézinguer
C' tte espèce de princ' ringard
Malgré ses Jean Piaget
Terminé, fermeture
C'est fini, l'aventure
Et même les bitures
Plus rien à partager
L’anthropologie, oh ! c'est fini
Et dire que cett’ conn’rie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus du tout alentour
Fini d'y ouïr de beaux discours ou d'calembours
Ça arrach’ l' cœur, comm' dirait Boris Vian
Plus d’ photos de Proust en slip sur la plag’ de Cabourg
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus qu’ l’eau d’Evian
Nous n’irons plus jamais
Il s'est fait dégommer
Ce curieux Ech'nozien
Il n’en restera rien
Fin d’ l'équipée ! malaise…
Pourtant c’était balèze !
Mais ça intéress’ qui,
Aujourd’hui, Cherokee ?
Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'entrera plus qu'au pire alentour
Entropie, oh ! c'est fini
Et dir' que des amis y trouvaient des amours
Entropie, oh ! c'est fini
Ce n'est plus trop la pein' qu'on y accoure…

10 urbanités attiques:

Jérôme Leroy a dit…

Superbe, drôle, poignant.
Faudrait l'envoyer à Hervé Villard, on ne sais jamais.
Salut et fraternité.

George WF Weaver a dit…

Merci, Jérôme !
Pareil compliment de ta part, c'est du diamant !

RV le 26, pour le pot de départ ?

Amitiés

Urbain a dit…

Cessez de pleurnicher cher ami et faite vous un revival. Ce n'est pas l'imagination qui vous manque. Allez-y , foncez, la vie ne se termine pas avec votre bouclart.

Urbain a dit…

De surcroît ,entre autres qualités, vous avez du courage, alors, que veulent dirent ces pleurnicheries?

George WF Weaver a dit…

Cher Urbain, votre prénom dénote certes de l'atticisme mais vous me semblez totalement dénué de sens de l'humour !

Florence a dit…

Cette version finale, le montage et son interprétation sont... carrément parfaits, et terriblement émouvants, oui.
Sinon, il ne t'aura sans doute pas échappé, cher "George" que Capri c'est fini est une chanson de 1965...
Bises à ce petit libraire du boulevard Voltaire.

George WF Weaver a dit…

Merci, chère Florence, même si je n'en suis pour ma part pas pleinement satisfait !
Tonnerre, je n'avais pas réalisé jusqu'ici à quel point il est difficile de chanter correctement calé sur la musique !(faut dire qu'une scie pareille a de quoi lasser salement l'interprète…)

1965, oui, en effet, je n'avais pas remarqué… Ça colle pile-poil, donc, en quelque sorte !

Et Jacques m'apprend de son côté, ô stupeur ! que la plupart des tubes de Vilard (mais pas celui-ci) sont pompés de… Toto Cutugno (dont Joe Dassin, entre autres, a pas mal profité aussi, notamment pour L'été indien) !

Toto Cutugno, apparemment aussi célèbre en Italie que Celentano ou Tozzi mais qui n'a percé en France qu'en 1983 avec L'Italiano (faut dire que celle-là était difficilement "francisable"…)

Jérôme Leroy a dit…

C'est réussi: j'ai le blues.

George WF Weaver a dit…

Le blues du libraire, j'imagine…

Urbain a dit…

Mais enfin, quel prétentieux, croyez vous que vos ricanements nous amusent?

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