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mercredi 21 novembre 2012

Les débuts de Manchette (2)



L'homme que Thompson devait tuer, un pédéraste coupable d'avoir séduit le fils d'un industriel, entra dans sa chambre. Refermant sa porte* derrière lui, il eut le temps de sursauter à la vue de Thompson debout contre le mur à côté des gonds. Puis Thompson lui plongea dans le cœur une lame de scie rigide montée sur une grosse poignée cylindrique et pourvue d'une garde circulaire en tôle. Tandis que la garde empêchait les jets de sang, Thompson agita vigoureusement la poignée cylindrique et le cœur de l'homosexuel se trouva coupé en deux ou plusieurs morceaux. La victime ouvrit la bouche et eut un seul spasme. Sa croupe heurta le battant et elle tomba morte en avant. Thompson fit un pas de côté. Le cadavre lui laissa sur la main une trace de rouge à lèvres. Thompson s'essuya avec dégoût. Depuis une demi-heure, ses crampes d'estomac étaient devenues presque intolérables. Il quitta la chambre. Personne ne l'avait vu entrer, personne ne le vit sortir. Il était 2 heures du matin. Thompson avait un rendez-vous à Paris à 11 heures. Il se dirigea à pied vers la gare de Perrache. Les crampes le pliaient en deux. Le tueur décida de lâcher le métier. Bientôt. C'était chaque fois pire. Il n'avait rien pu absorber depuis une dizaine d'heures. A présent qu'il avait tué, la faim le tenaillait d'une manière dégoûtante. Il pénétra enfin dans le buffet de la gare. Il commanda une choucroute et la dévora. Il se sentit mieux. Il commanda une deuxième choucroute et la dégusta. Son ventre était apaisé. Son esprit également : Thompson venait de gagner une aimable somme d'argent. Il était 3 heures. Le tueur paya, rejoignit sa Rover grise devant un parcmètre, prit la direction de l'autoroute A6.
Plus tard, il s'arrêta dans un parking entre Lyon et Paris et fit un somme jusqu'à l'aube.
À 11 heures du matin, il fut exact à son rendez-vous. Le nouveau client avait mis des lunettes noires et Thompson sourit de cette puérilité. Assis dans un box, les deux hommes burent de la bière écossaise. Le nouveau client posa une photo retournée sur la table.
— Ce sera un peu compliqué, dit-il. Il faudrait que ça ait l'air… Je vous expliquerai. Qu'est-ce qui vous arrive ? Ça ne va pas ?
Thompson se massa l'estomac.
— Ça va, ça va, affirma-t-il.
Il retourna la photo. Elle était en couleurs. Elle représentait en buste un enfant roux à la mine maussade.
— Est-ce que ça vous ennuie ?
— Pas du tout, dit Thompson.
C'était son estomac qui l'ennuyait. C'était reparti. Il recommençait à souffrir.

* Bizarre, cet adjectif possessif — qui de surcroît redouble le précédent ! « Refermant la porte… » me semblerait mieux venu. Coquille ayant échappé à la vigilance de l'auteur lors des corrections ? Faudrait vérifier sur le manuscrit…

2 urbanités attiques:

julius marx a dit…

Oui,c'est plus une expression "d'époque" . Dans ce temps-là, on disait facilement : "hé, referme ta porte." C'est plus le style scénaristique qui frappe. Et de plus, Manchette est un scénariste "qui la ramène". Il explique non seulement le lieu et les détails comme un scénariste mais il donne également l'état d'esprit( les états-d'âmes) des personnages. Bref, son béhaviorisme est une vraie "vision/extérieur" de ciné.

George WF Weaver a dit…

Entièrement d'accord avec la deuxième partie de votre commentaire, cher Julius, d'autant qu'en la matière vous êtes une sorte d'expert — comme dirait D'Arcy…

Néanmoins, ce possessif ne laisse pas de me chiffonner (du point de vue de ce purisme dont de revendiquait Manchette, s'entend…)

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