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mercredi 28 janvier 2015

Noue garrots pour Michka !



MICHKA JOUE À COLIN-MAILLARD ET AU BUSINESSMAN

ou

L’ESPOIR FAIT MOURIR

(Saynète en un acte et moult didascalies)


La scène se situe quelque part en Belgique.
Engoncé dans un drap, au milieu d’une compagnie qu’il imagine nombreuse mais composée en fait uniquement de sa mère, l’ours Michka se dandine lamentablement, mollement, essayant à tâtons de deviner qui se cache derrière les protubérances qu’il palpe. Mais cet ahuri ne reconnaît même pas les parties du corps qui se présentent à ses attouchements.

— Hein ? Joues, reins ?

Comprenant qu’il n’y arrivera jamais, Michka tente de se réfugier dans les replis de son imagination : s’il avait devant lui un sanglier, quel serait ce membre qu’il vient d’attraper ?

— Joue, ours : est-ce hure ?

Soudain excédé, Michka arrache cette toile qui l’empêtre. Le tissu jusqu’alors quasiment immobile semble ainsi s’animer comme par magie, dévoilant un ourson fort bronzé mais aussi une odeur pestilentielle, car chacun sait que sous l’action prolongée des rayons du soleil, les bajoues des plantigrades émettent des phéromones semblables à ceux du putois (ce qui n’est pas faire aumône aux nez sensibles). L’asphyxie bouleversant sa syntaxe, le récitant commente :

— Revit un drap. Hâle : joues r’puent.

S’apercevant qu’il est seul avec sa mère (qui est muette), Michka décide d’en profiter pour chercher une solution à leurs problèmes financiers, aigus comme dans la plupart des foyers monoparentaux. D’un tour d’horizon, il fait un rapide inventaire de leurs maigres biens : un drap, et un buffet vide complètement pourri, défoncé, mangé aux vers, bancal, et abîmé (un souvenir de famille, que sa mère ne peut regarder sans dégoût ni mépris, qu’elle exprime chaque fois par le seul son qu’elle parvient à éructer : « Peuh ! »). Brusquement, Michka se souvient avoir lu récemment, à la une du quotidien national, qu’un meuble s’est vendu très cher à une vente aux en-très-chères. Une idée géniale lui vient. Il ne peut cacher sa joie, non plus d’ailleurs que ses origines slaves :

— Relis, M’man, ce « Jour » ! Da ! Vends-le tant, le « Peuh ! » !

Tandis que sa mère, dubitative, parcourt l’article, Michka — à qui l’immonde bahut apparaît désormais comme une bonne nourrice — tente une petite sortie philosophique sur la joie que procure, au cœur de l’adversité, la vision d’un avenir souriant :

— Pleut maux ? Ris : bon, ce lait !

Mais Maman se montre intraitable. Michka a oublié qu’elle est adepte du stoïcisme le plus pur, et que leur pauvreté est volontaire. Elle le chapitre sur son désir de richesse, lui expliquant par gestes que quand on aime l’argent, on n’en a jamais assez, que par conséquent le fait même de souhaiter la fortune est déjà une forme d’avarice, etc., etc. Michka se résigne :

— Vœu radin ? Bon.

Stoïque, mais pas insensible, Mamouchka, constatant le flagrant dépit de son fils, tente de le consoler en lui rappelant par pantomime sa grande richesse intérieure, visible au degré de perfectionnement quasi-artistique qu’il a atteint dans l’élevage des mammifères océaniens à queue velue. Car Michka a un dada : la mutation artificielle des macroures, qu’il s’efforce, en modifiant leur codage génétique, d’affubler d’une barbe, pour rétablir une symétrie dédaignée par la Nature. Hélas, l’amertume de Michka ne fait que croître à cette évocation gestuelle, car c’est bien le cruel manque de pépètes qui lui interdit de parachever son grand-œuvre, dont la valeur esthétique eût été éclatante au regard de ses pâles tentatives passées :

— Art, mes dasyures ? J’eusse, codant, …

Michka s’interrompt, car il réfléchit à toute vitesse : une fois la mutation accomplie, il aurait fallu modifier le nom du marsupial… Pour satisfaire sa modestie naturelle et au canon de la simplicité, le plus élégant eût été, puisqu’il ajoutait une barbe à l’animal, de retirer celle qui dépassait de son nom d’origine, donc virer le y … Un prêté pour un rendu… Oui : DASURE, tel était le nom incomparable de sa créature à jamais avortée…

Foudroyé par l’évidence tant de cette découverte que de l’impossibilité de sa réalisation, sentant confusément qu’il aurait déjà dû, à tout prix, employer ce néologisme, Michka s’écroule sur la scène, raide mort.


Rideau


vendredi 23 janvier 2015

Mon papa
Ne veut pas…


jeudi 22 janvier 2015

Once more into the breach, dear friends



Once more unto the breach, dear friends, once more ;
Or close the wall up with our English dead.
In peace there's nothing so becomes a man
As modest stillness and humility :
But when the blast of war blows in our ears,
Then imitate the action of the tiger ;
Stiffen the sinews, summon up the blood,
Disguise fair nature with hard-favour'd rage ;
Then lend the eye a terrible aspect ;
Let pry through the portage of the head
Like the brass cannon ; let the brow o'erwhelm it
As fearfully as doth a galled rock
O'erhang and jutty his confounded base,
Swill'd with the wild and wasteful ocean.
Now set the teeth and stretch the nostril wide,
Hold hard the breath and bend up every spirit
To his full height. On, on, you noblest English.
Whose blood is fet from fathers of war-proof !
Fathers that, like so many Alexanders,
Have in these parts from morn till even fought
And sheathed their swords for lack of argument…


William Shakespeare, Henry V, acte I, scène VII


Traduction de François-Victor Hugo :

Retournons, chers amis, retournons à la brèche,
Ou comblons-la de nos cadavres anglais.
Dans la paix, rien ne sied à un homme
Comme le calme modeste et l’humilité.
Mais quand la bourrasque de la guerre souffle à nos oreilles,
Alors imitez l’action du tigre,
Roidissez les muscles, surexcitez le sang,
Déguisez la sérénité naturelle en furie farouche ;
Puis donnez à l’œil une expression terrible ;
Faites-le saillir par l’embrasure de la tête
Comme le canon de bronze ; que le sourcil l’ombrage,
Effrayant comme un roc déchiqueté
Qui se projette en surplomb sur sa base minée
Par les lames de l’Océan furieux et dévastateur !
Enfin montrez les dents, et dilatez les narines,
Retenez énergiquement l’haleine, et donnez à toutes vos forces
Leur pleine extension… En avant, en avant, nobles Anglais
Qui devez votre sang à des pères aguerris,
À des pères qui, comme autant d’Alexandres,
Ont, dans ces contrées, combattu du matin au soir
Et n’ont rengainé leurs épées que faute de résistance !

mardi 20 janvier 2015

Organiser le chagrin, construire un mythe



La dictature du chagrin

La semaine a été longue pour le peuple suédois. Il est vrai qu’il est normal que le chagrin fasse trouver le temps long. Mais, en comparaison du chagrin organisé, le chagrin spontané va vite en besogne. La semaine qui vient de s’écouler a été riche en enseignements dans la mesure où, pour la première fois, elle nous a permis de constater dans notre propre pays quelles forces effroyables se déchaînent lorsque, dans une société moderne, tous les moyens d’information sont mis en même temps au service d’une seule et unique fin : organiser le chagrin, construire un mythe.
Ce que nous venons de vivre n’est rien de moins que le spectacle d’une dictature à l’œuvre. Certes, il s’est agi au premier chef du côté journalistique de la dictature, mais cela a été bien suffisant. Cela a même été plus que suffisant. Pour un démocrate, le spectacle d’une démocratie qui se nie elle-même sur un point capital est certainement plus pénible que le deuil national en lui-même. Il est en toutes circonstances inadmissible d’ériger le conformisme en système, mais cela l’est particulièrement quand il s’agit des convenances. Même lors du décès d’un souverain, il existe un respect qui prime le recueillement : c’est celui de la démocratie.
Mais qui pourrait contester que ce respect a été bafoué lorsqu’on voit des journaux d’opinions et de préjugés fort divers négliger, de sang-froid et à un moment aussi important, leurs fonctions démocratiques normales pour se livrer à une campagne de mise en condition dans laquelle le recueillement est indissociablement mêlé au mensonge public ? Il ne saurait être question de mettre en cause le chagrin spontané : comme tout sentiment vrai, il est respectable. C’est le chagrin organisé qui est détestable parce que, au fond, il est faux, froid et gourmand. La semaine passée nous a appris que le chagrin pouvait être utilisé comme nouvelle à sensation, comme support de publicité et même comme moyen de jouissance. Elle nous a également appris que même une presse démocratique peut prétendre être la voix du peuple alors qu’elle est en fait en train de faire violence à son âme. (...)
Mais la dictature du chagrin n’a pas seulement asservi la presse. On a également pu la rencontrer dans bien des administrations aux locaux drapés de noir, où l’hypocrisie vêtue de sombre était plus appréciée que les costumes clairs. On a pu la croiser en flânant dans les rues commerçantes et en voyant les boutiques transformées, à l’aide de portraits, de crêpes, de drapeaux et de bougies, en chapelles ardentes du négoce.

Stig Dagerman
Rédigé à l’occasion du deuil national qui suivit la mort du roi Gustave V, publié le 4 novembre 1950 comme éditorial du journal Arbetaren.

Texte relayé depuis le site lundimatin, découvert ce jour

Sinon, cette tribune parue dans Le Monde le 15 janvier :

Non à l'union sacrée !

La sidération, la tristesse, la colère face à l’attentat odieux contre Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, puis la tuerie ouvertement antisémite, vendredi 9 janvier, nous les ressentons encore. Voir des artistes abattus en raison de leur liberté d’expression, au nom d’une idéologie réactionnaire, nous a révulsés. Mais la nausée nous vient devant l’injonction à l’unanimisme et la récupération de ces horribles assassinats.
Nous partageons les sentiments de celles et ceux qui sont descendus dans la rue. Mais ces manifestations ont été confisquées par des pompiers pyromanes qui n’ont aucune vergogne à s’y refaire une santé sur le cadavre des victimes. Manuel Valls, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Jean-François Copé, Angela Merkel, David Cameron, Jean-Claude Juncker, Viktor Orban, Benyamin Nétanyahou, Avigdor Lieberman, Naftali Bennett, Petro Porochenko, les représentants de Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine, Omar Bongo… : quel défilé d’abjecte hypocrisie.
Cette mascarade indécente masque mal les 5 000 bombes que l’OTAN a larguées sur l’Irak depuis cinq jours sur décision de ce carré de tête ; les milliers de morts à Gaza, où Avigdor Lieberman, le ministre israélien des affaires étrangères, imaginait employer la bombe atomique quand Naftali Bennett (économie et diaspora) se rengorgeait d’avoir tué beaucoup d’Arabes ; le million de victimes que le blocus en Irak a provoquées. Ceux qu’on a vus manifester en tête de cortège à Paris ordonnent ailleurs de tels carnages.
« Tout le monde doit venir à la manifestation », a déclaré M. Valls en poussant des hauts cris sur la « liberté » et la « tolérance ». Le même qui a interdit les manifestations contre les massacres en Palestine, fait gazer des cheminots en grève et matraquer des lycéens solidaires de leurs camarades sans-papiers expulsés nous donne des leçons de liberté d’expression. Celui qui déplorait à Evry, lorsqu’il était maire PS, de ne voir pas assez de « Blancos » nous jure son amour de la tolérance. Le même qui fanfaronne de battre des records dans l’expulsion des Roms se gargarise de « civilisation ».
En France, la liberté d’expression serait sacrée, on y aurait le droit de blasphémer : blasphème à géométrie variable, puisque l’« offense au drapeau et à l’hymne national » est punie de lourdes amendes et de peines de prison. Que le PS et l’UMP nous expliquent la compatibilité entre leur condamnation officielle du fondamentalisme et la vente d’armes à l’Arabie saoudite, où les femmes n’ont aucun droit, où l’apostasie est punie de mort et où les immigrés subissent un sort proche de l’esclavage.

Chantage
Nous ne participerons pas à l’union sacrée. On a déjà vu à quelle boucherie elle peut mener. En attendant, le chantage à l’unité nationale sert à désamorcer les colères sociales et la révolte contre les politiques conduites depuis des années.
Manuel Valls nous a asséné que « Nous sommes tous Charlie » et « Nous sommes tous des policiers ». D’abord, non, nous ne sommes pas Charlie. Car si nous sommes bouleversés par la mort de ses dessinateurs et journalistes, nous ne pouvons reprendre à notre compte l’obsession qui s’était enracinée dans le journal contre les musulmans, toujours assimilés à des terroristes, des « cons »ou des assistés. On n’y voyait plus l’anticonformisme, sinon celui, conforme à la norme, qui stigmatise les plus stigmatisés.
Nous ne sommes pas des policiers. La mort de trois d’entre eux est un événement tragique. Mais elle ne nous fera pas entonner l’hymne à l’institution policière. Les contrôles au faciès, les rafles de sans-papiers, les humiliations quotidiennes, les tabassages parfois mortels dans les commissariats, les Flash-Ball qui mutilent, les grenades offensives qui assassinent, nous l’interdisent à jamais.
Et, s’il faut mettre une bougie à sa fenêtre pour pleurer les victimes, nous en ferons briller aussi pour Eric, Loïc, Abou Bakari, Zied, Bouna, Wissam, Rémi, victimes d’une violence perpétrée en toute impunité. Dans un système où les inégalités se creusent de manière vertigineuse, où des richesses éhontées côtoient la plus écrasante misère, sans que nous soyons encore capables massivement de nous en indigner, nous en allumerons aussi pour les six SDF morts en France la semaine de Noël 2014.
Nous sommes solidaires de celles et ceux qui se sentent en danger, depuis que se multiplient les appels à la haine, les « Mort aux Arabes », les incendies de mosquées. Nous nous indignons des incantations faites aux musulmans de se démarquer ; demande-t-on aux chrétiens de se désolidariser des crimes, en 2011, d’Anders Behring Breivik perpétrés au nom de l’Occident chrétien et blanc ? Nous sommes aussi aux côtés de celles et ceux qui subissent le regain d’antisémitisme, dramatiquement exprimé par l’attaque de vendredi 9.
Notre émotion face à l’horreur ne nous fera pas oublier combien les indignations sont sélectives. Non, aucune union sacrée. Faisons en sorte, ensemble, que l’immense mobilisation se poursuive en toute indépendance de ces gouvernements entretenant des choix géopolitiques criminels en Afrique et au Moyen-Orient et ici chômage, précarité, désespoir. Que cet élan collectif débouche sur une volonté subversive, contestataire, révoltée, inentamée, d’imaginer une autre société, comme Charlie l’a longtemps souhaité.

lundi 19 janvier 2015

C'est plus facile de gagner une guerre quand votre ennemi a oublié qu'il est en train de la faire…



Très belle lecture diffusée hier soir sur France Culture, dans le cadre de « Théâtre et Cie », d'un texte d'Ascanio Celestini, Discours à la nation, par David Murgia :



Ne manquez pas, sur la page de cette émission, les deux bonus sonores, par David Murgia et Sami Frey !

On complétera utilement cette lecture par l'écoute du Nouveaux chemins de la connaissance de ce matin (faut passer les premières minutes de bla-bla, c'est surtout la deuxième partie qui est vivace) :

La kalach' façon Joe




Ceux qui ont le pouvoir de faire le mal et ne le font pas…



They that have power to hurt, and will do none,
That do not do the thing they most do show,
Who, moving others, are themselves as stone,
Unmoved, cold, and to temptation slow;
They rightly do inherit heaven's graces,
And husband nature's riches from expense;
They are the lords and owners of their faces,
Others, but stewards of their excellence.
The summer's flower is to the summer sweet,
Though to itself, it only live and die,
But if that flower with base infection meet,
The basest weed outbraves his dignity: 
   For sweetest things turn sourest by their deeds;
   Lilies that fester, smell far worse than weeds.

Shakespeare, Sonnet XCIV (fin du XVIe siècle)

Traduction de François-Victor Hugo :

Ceux qui ont le pouvoir de faire le mal et ne le font pas,
Ceux qui n’exercent pas la puissance qu’ils semblent le plus avoir ;
Ceux qui, remuant les autres, sont eux-mêmes comme la pierre,
Immuables, froids et lents à la tentation,
Ceux-là héritent légitimement des grâces du ciel

Et économisent les richesses de la nature.
Ils sont les seigneurs et maîtres de leur visage,
Et les autres ne sont que les intendants de leur excellence.
La fleur de l’été est un parfum pour l’été,

Bien que pour elle-même elle ne fasse que vivre et mourir.
Mais que cette fleur vienne à se flétrir,
La plus vile ivraie en éclipsera la valeur.
Car les plus douces choses s’aigrissent par l’abus,

Et les lis qui pourrissent sont plus fétides que les ronces.

samedi 17 janvier 2015

L'avenir radieux prend place, mais demain c'est loin


Vérone (Hein ? je…)





C'est du Valérie Rouzeau (tiens, ça me dit quelque chose, ces initiales !), c'est de la balle (tragique)


Et ça rappelle sacrément ceci, cette avalanche amoureuse de références littéraires :

J'aime pas le lait, j'aime pas le lait (surtout le petit), j'aime pas le lard (surtout le gros)…


vendredi 16 janvier 2015

Je suis hyper-casher…



… mais je donne pas cher de ma peau.

En route vers l'avenir à Dieu !




(Merci à Viederland pour la photo !)



Pour rappel, une vision de l'avenir radieux (mais ça date, comme Anouar El…, c'était sous d'autres cieux) :



Restons fermes sur la défense de la liberté d'expression !



Pas mal d'idiots ont mangé grave récemment, jusqu'à un an ferme pour une phrase ignoble sur un réseau social (un Chartrain, j'arrive pas à retrouver l'info diffée sur Le Parisien aujourd'hui — qui la reproduit complaisamment sans pour l'instant se retrouver inquiété…)



Laïc ?…



… ou athée ? (mais c'est plus coton…)

jeudi 15 janvier 2015

Un jour, il y aura autre chose que le jour



Merci à Des Nouvelles du Front d'avoir reproduit ce dessin, et à PJB de me l'avoir signalé



Un jour
Il y aura autre chose que le jour
Une chose plus franche, que l’on appellera le Jodel
Une encore, translucide comme l’arcanson
Que l’on s’enchâssera dans l’œil d’un geste élégant
Il y aura l’auraille, plus cruel
Le volutin, plus dégagé
Le comble, moins sempiternel
Le baouf, toujours enneigé
Il y aura le chalamondre
L’ivrunini, le baroïque
Et tout un planté d’analognes
Les heures seront différentes
Pas pareilles, sans résultat
Inutile de fixer maintenant
Le détail précis de tout ça
Une certitude subsiste : un jour
Il y aura autre chose que le jour.


Boris Vian, Un jour (1951)

J'm'en fous d'Charlie…








Merci à Wroblewski de m'avoir signalé celle-là

samedi 10 janvier 2015

Le courage de la lâcheté…



Merci à Prh de m'avoir signalé ce dessin !

Traduction (légèrement modifiée par rapport à celle de Claude Guillon) :

« UN CARICATURISTE COUARD

» Hé, hé

» Je plaisante !

» En fait c’est le cul de mon ami Mohamid BAKHSH, un réalisateur qui vit à Los Angeles, Californie.

» Le cul poilu de MOHAMID !

» R. Crumb —
pour afficher sa solidarité avec ses camarades martyrs. 8 janvier 2015 »

vendredi 9 janvier 2015

Charlie, dernière ?



En plus tout va bien : leurs tueurs sont morts maintenant !

Tout est bien qui finit bien !


Une seule urgence désormais, maintenant que
« le bilan est consolidé » : FAIRE BLOC !


On lira avec profit le billet mesuré de Jean Rochard, ici.

Comment se faire Hara-Kiri ?


Suffit de publier voici trente-cinq ans un mensuel contenant cette publicité :


(Ah non, pardon, y'avait pas eu de massacre
rue des Trois-Portes, à l'époque.
Allez savoir pourquoi…)

La plupart des couvertures du mensuel et de l'hebdo sont visibles ici.

jeudi 8 janvier 2015

Buck Danny rides again ?


In memoriam


Un montage bricolé fissa cette nuit par l'ami Tal :

mercredi 7 janvier 2015

Je ne suis pas Charlie


Non, désolé, c'est pas pour moi ce genre de connerie, fini cette fois-ci, pas One again, terminé les amis.

Cet après-midi, après qu'on a appris que de vieux poteaux (et d'autres personnes dont la rédaction de France-Info n'a pas estimé nécessaire de donner le nom) s'étaient fait dézinguer, quelqu'un a jugé bon de balancer sur ces putains de réseaux sociaux cette image, genre « I ♡ NY » :


Hé bien pour ma part je me refuse à m'adonner à ce genre d'Union Sacrée, on a vu ce que ça a donné en 1914 avec Jean Grave et consorts, après l'assassinat de Jean Jaurès.

L'appel à l'unité nationale contre le terrorisme, ça ne vous rappelle rien ?


Tous ces morts, c'est impensable, on en gerbe de tristesse.
Peu importe qu'on les aimait plus trop, hein, Cabu et Wolinski, ceux de la vieille garde qu'étaient restés sous Val et Charb même après l'éviction dégueulasse de Siné.

Peu importe, tout ça, d'autant que même Charb et Tignous continuaient à nous faire bien marrer.
Parfois.

Mais là, y'a plus rien à dire.
L'horreur totale.

Un billet bien dans l'esprit de Charlie première manière, mis en ligne ici.

Et bizarrement, ça me remonte en mémoire un certain 11 novembre 2008, l'histoire d'une barbouzerie décidément avérée…

Parce que, à bien écouter le truc de France Info, on entend quoi, en vrai ?



« Allons au bar ! »

Bal tragique



Pour rappel :



Hé ben, on n'est pas dans la merde…